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Rencontre avec Moulaye Fanny

Présentez-vous à notre auditoire svp ?
Je m’appelle Moulaye FANNY, j’ai 26 ans, ivoirien et vivant à Paris. Ingénieur en système ferroviaire et amateur pâtissier.

 

Parlez-nous de votre parcours professionnel ?

J’ai un Bac S, spé maths. J’ai ensuite fais deux années de classe prépa au lycée Jacques Decour à Paris avant d’intégrer l’ESIEE Paris où j’ai obtenu mon diplôme d’ingénieur en système embarqué. J’ai bossé sur les commandes de vol de l’A380 chez Airbus à Toulouse avant d’intégrer Ansaldo où je travaille depuis 3 ans et demi en tant qu’Ingénieur Test Logiciel sur les logiciels pour TGV.

 

Comment est née votre passion pour la cuisine ?
J’ai toujours été passionné par la cuisine depuis tout petit. Je suivais ma mère en cuisine pour voir ce qu’elle préparait et je passais aussi beaucoup de temps à regarder ma nounou Véronique (qui est ma deuxième maman) cuisiner. C’est d’ailleurs elle qui m’a appris les bases de la cuisine ivoirienne comme faire le riz et les sauces par exemple. Ce n’est que bien plus tard que j’ai développé mon appétit pour la pâtisserie avec au début deux petites recettes très simples : les crêpes apprises avec mon père et un gâteau au chocolat bien gourmand (avec un glaçage au chocolat et beurre salé) appris avec Moussa, le cuisinier de mon oncle.

 

Ingénieur en système et Pâtissier ? Comment arrivez-vous à satisfaire ces 2 univers ?
Haha ce sont deux univers qui paraissent très éloignés l’un de l’autre mais qui en réalité sont très proches. J’évolue dans un métier où tout est très normé, très encadré, on n’a pas droit à l’erreur car on transporte des gens à plus de 300Km/h quand même. On doit travailler de manière très rigoureuse et précise, ce qu’on retrouve complètement en pâtisserie où les dosages et les gestes sont millimétrés ! Toute la journée je travaille avec plusieurs contraintes et le soir je libère toute ma créativité en pâtisserie.

 

Comment avez-vous appris tout cela (toutes ses recettes) ?
J’ai appris tout seul chez moi dans ma petite cuisine. J’ai passé beaucoup de temps sur les blogs de pâtisserie, à regarder des vidéos sur Internet, les émissions télé, lire des livres de pâtisseries, etc… Et ce n’est pas finit, je continue d’apprendre énormément encore aujourd’hui en lisant, en posant des questions à des chefs et surtout en pratiquant car c’est le seul moyen pour progresser. Il n’y a pas de secret, work ! work ! work !

 

Comment définissez-vous votre aventure de blogueur culinaire ?
Une expérience formidable ! J’ai rencontré de très belles personnes qui sont aujourd’hui de très bons amis et j’ai eu la chance de rencontrer des dizaines de chefs dont certains de mes idoles comme Philippe Conticini et Cédric Grolet le meilleur pâtissier du monde 2018 à qui j’ai pu faire goûter mes pâtisseries. Et toutes les personnes qui me suivent dans cette aventure sont vraiment adorables, je reçois beaucoup de messages de remerciements par rapport aux recettes que je publie sur mon blog, beaucoup de gentils commentaires, de mots d’encouragement… ça me fait énormément plaisir et tout ça me booste pour avancer encore plus.

 

A quoi ressemble votre vie quotidienne ?
Ça dépend des semaines haha mais les journées sont assez chargées entre le boulot, les pâtisseries que je fais, les événements food auxquels je participe et le sport pour éliminer tout ça haha…

 

Parait-il qu’Instagram a changé votre vie, qu’en dites-vous ?
Ah oui complètement. Il y a encore quelques années, je n’aurais jamais imaginé être là où je suis aujourd’hui : déjà cette interview avec vous c’est grâce à Instagram, avoir ces sollicitations, ces opportunités, pouvoir rencontrer tous ces grands pâtissiers, discuter avec eux mais aussi le fait de faire de la pâtisserie à ce niveau là… Je ne m’imaginais pas faire des gâteaux pareils. Instagram m’a vraiment permis d’exprimer ma passion et ma créativité pleinement.

 

Parlez-nous des Moultea-Time !
Haha les fameux Moultea-Time ! C’est un rendez-vous sucré que j’organise chez moi en invitant des amis à tester mes dernières réalisations. Au début c’était juste pour le fun mais ça a fait le buzz sur Instagram à tel point que les gens m’envoient des messages pour me demander de les inviter aux Moultea-Time. Surtout que mon amie Alexia m’a offert un très beau tablier « Moultea-Time » donc là c’est du sérieux haha…

 

Pourquoi Paris-Dakar ? Parlez-nous de Paris Dakar ?
Le Paris-Brest est l’un de mes desserts préférés donc je cherchais un moyen de le refaire à ma façon et j’ai eu cette idée de remplacer les noisettes par des cacahuètes. Le nom « Paris-Dakar » m’a tout de suite paru évident car je garde en souvenir mes vacances à Dakar où j’ai découvert les arachides grillées dans le sable qu’on peut acheter dans la rue, c’est tellement bon ! Depuis j’ai aussi fait le « Abidjan-Paris » que je vais bientôt dévoiler sur mon compte Instagram, je vous laisse imaginer les saveurs d’ici là…

 

Quels sont les chefs qui ont compté pour vous et ceux qui continuent à vous influencer ?
Il y a forcément les deux monstres sacrés que sont Philippe Conticini et Pierre Hermé. Ensuite les chefs de la nouvelle génération comme Cédric Grolet, Amaury Guichon et Johan Martin.

 

Sur la scène actuelle quels pâtissiers obtiennent votre admiration ?
Jeffrey Cagnes surnommé la machine, l’homme qui poche plus vite que son ombre ! Haha un pâtissier très talentueux, un monstre de travail et au-delà de ça, un homme au grand cœur ! Amaury Guichon, l’artiste ! Alors lui il est sur une autre planète… C’est comme si vous mettiez dans un seul corps : rodin, da vinci, dali avec un talent de pâtissier et un talent de chocolatier. Toutes ses créations sont techniquement bluffantes ! Johan Martin, monsieur laser ! Feuilletage laser, glaçage laser, pâtisserie laser, pochage laser,… tout est carré et tellement fin ! Thomas Alphonsine pour ses pâtisseries toujours très raffinées, élégantes et très gourmandes !

 

Vous avez eu la chance de rencontrer monsieur Philippe Conticini et chef pâtissier Cédric Grolet , comment cela s’est fait ? Comment avez-vous vécu cela ?
J’ai eu la chance de rencontrer Philippe Conticini lors d’un événement chez Michel Cluizel à l’occasion de leur collaboration autour d’une gamme de chocolat et praliné professionnel. Je suis absolument fan de ce chef, qui est pour moi le Pape de la pâtisserie. Il a une maîtrise du goût qui est juste incroyable. C’était ma première rencontre avec lui et j’en suis ressorti les étoiles plein les yeux. Le savoir, la générosité et l’humilité de ce grand monsieur m’ont marqué à vie ! Ah oui j’ai aussi rencontré Cédric Grolet qui m’a invité via Instagram, dans son labo au Meurice pour que je lui fasse déguster mes pâtisseries. C’était là encore une expérience incroyable car je ne suis qu’un simple amateur et je n’aurais même pas imaginé qu’une telle invitation puisse arriver un jour dans ma vie. Quand le meilleur pâtissier du monde vous fait de tels compliments sur vos pâtisseries alors que vous êtes un simple amateur qui n’a jamais pris de cours de pâtisserie… ça fait quelque chose ! Ça m’a permis de me libérer encore plus et de travailler d’avantage pour encore aller de l’avant. Surtout que le chef m’a dit que c’est la première fois qu’il faisait une telle invitation à quelqu’un… que dire ? MERCI

 

Comment définirez-vous votre travail ?

Simple et élégant

 

Y’a-t-il une technique particulière que vous travaillez en ce moment ?
Le fonçage, que j’affectionne particulièrement. C’est le fait de garnir les moules de pâte à tarte, bien la poser dans tous les angles, avoir un fond plat, des bords droits et bien faits pour ne pas qu’ils retombent à la cuisson. J’ai quasiment passé tout l’été à faire ça pour obtenir des fonçages « laser » c’est-à-dire des fonçages très réguliers, nets, lisses, « c’est propre quoi » comme on dit à babi haha J’ai écrit une recette d’ailleurs sur mon blog pour donner toutes les astuces et étapes nécessaires à la réalisation des « foncages laser ». Maintenant les gens qui me suivent sur Instagram reprennent souvent cette expression « fonçage laser » en me tagguant sur leurs photos ou en me demandant si je valide le laser haha on s’amuse bien !

 

Hormis la pâtisserie, avez-vous d’autres passions ?
L’aéronautique. Je rêvais d’être pilote de ligne depuis tout petit et je pilotais déjà au lycée sur Cessna 152 et Cessna 172.

 

Que pensez-vous de l’entrepreneuriat ?
Une très bonne chose. Il y a des risques comme dans toute chose mais il faut croire en soi, en ses idées et se lancer. La société actuelle a besoin de ce dynamisme pour avancer et sortir des vieux processus.

 

Que pensez-vous du secteur de la pâtisserie en Côte d’ivoire ?
Il est en plein boom. Il y a eu plusieurs salons de thé et pâtisseries qui ont ouvert ces dernières années et c’est une bonne chose. Ça a permis de diversifier l’offre et améliorer la qualité. Mais ce n’est que le début, j’arrive !

 

Quel est votre pêché mignon sucré?
C’est une question difficile haha en pâtisserie je dirai la tarte au citron et en dehors de la pâtisserie, le dêguê de ma tante Sita, ya pas son deux !

 

Quel est votre pêché mignon salé?
Alloco… ça peut me tuer !

 

Un mot de fin ?
Deux choses :
1) Take nothing for granted.
2) Strive for greatness.

 

Commentaires (1)

  • Avril Fender

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