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Notre avis sur l’esprit de compétition dans le couple

Se challenger, c’est bon pour le moral et pour le couple, sinon on s’endort sur les acquis. Il faut cependant bien doser pour ne pas complexer l’autre et l’inhiber.

 

L’amour est sportif. Il faut avoir un bon cardio pour supporter les hauts et les bas, de l’endurance pour réinventer la vie sexuelle du couple sur le long terme. Sans énergie, sans adrénaline, pas de relation durable. Bien sûr, il faut aussi des temps de récupération et un certain sens de la solidarité. Dans le même esprit sportif, il faut maintenir en société une impression d’harmonie, de couple uni, même si au retour dans la voiture, une dispute explose. Un peu de rivalité, c’est bien, cela favorise les remises en question. Comment passer de la compétition-combat à une compétition-émulation qui amène chacun à se dépasser ? Pourquoi certains ne se sentent bien qu’une fois le conjoint mis K.-O. ? Un arbitrage est nécessaire, avec l’expert “la meilleure amie ou le meilleur ami “, psychothérapeute de couple qui est parfois jaloux de votre relation ou te veut.

ADVERSAIRES OU PARTENAIRES ?

Dans les jeux de lutte et d’opposition, les deux participants sont des adversaires. L’un va gagner, l’autre perdre. En amour, on construit une relation, pas un combat. Quoique parfois, on se demande… Notre homme fait la tête parce qu’on a une place pour LE SUNSET BRUNCH, et pas deux. Au lieu de se réjouir pour nous, il enrage : « T’as de la chance, toi  ! » Alors on culpabilise et on refile notre PASS, pour avoir la paix. Sachez une chose : Quand on est dans la comparaison, on n’est plus dans le partenariat. Cela vient généralement d’une ancienne expérience amoureuse bâtie sur la rivalité, ou de la reproduction d’un schéma familial : les parents comparent leurs enfants et relèvent que l’un d’eux est excellent dans un domaine, sous-entendu, les autres sont moins bien ». Adulte, on dresse l’inventaire de ce que l’autre a et qui nous fait défaut. On demande réparation alors que le couple est justement le lieu idéal pour relancer les dés, changer de rôle, de pièce de théâtre.

Outil n° 1 Pour sortir d’une attitude défensive, mettez en place un cercle vertueux : trouvez un mot doux genre JE T’AIME BABE, un geste d’apaisement qui vous inspire. Lorsque cela s’emballe, murmurez lui ce mot, le geste d’apaisement vient ensuite naturellement et la tension retombe.

 

EN PUBLIC, POURQUOI DONNER L’IMAGE D’UN COUPLE SOUS TENSION ?

Combativité, compétitivité sont des valeurs clés en entreprise. On peut y adhérer au point de les trimballer avec soi à la maison. Parfois, on a grandi avec cette injonction de performance, nos parents faisant une fixette sur les notes : « 16 en maths, c’est tout ? » Plus tard, c’est le salaire qui deviendra la mesure de référence : « Je pèse 570 000 Francs / mois donc je suis. » Et on voudra gérer son couple comme une PME. La rivalité se cristallise souvent autour de la question de l’argent, du pouvoir et du leadership . Parfois, c’est celui qui possède le moins qui est dans la compétition. Il peut se sentir écrasé et dénigrer l’autre, minimiser sa réussite, pour tenter de rétablir un équilibre. En société, parce qu’il y a un public, les rivalités s’exacerbent. L’un monopolise l’attention, coupe la parole, rabaisse l’autre qui finit par se sentir moche et bête. Question : sans lui en soirée, est-on aussi éteinte ou au contraire, extravertie ? Le problème vient évidemment de celui qui ne laisse pas l’autre s’épanouir. Être en couple, ce n’est pas monter sur un podium. Si l’on est dans une rivalité excessive, c’est souvent le signe que l’on n’a pas envie de s’engager, de « faire couple ». Et on tient son partenaire à distance… pour montrer aux autres qu’on est libre.

Outil n°2 Remettez de l’intime au cœur de la relation de manière à ce que les émotions ressenties dans le couple prennent plus d’importance que les complexes liés à la réussite et à l’image de soi. Créez une date anniversaire secrète, qui célèbre un joli souvenir ensemble et repensez-y dans les prises de bec : cela aide à relativiser ce que l’on vit à ce moment-là, à prendre du recul.

 

AVOIR LE DERNIER MOT, EST-CE VRAIMENT IMPORTANT ?

Certains couples s’épanouissent dans une relation dominant-dominé. Tantôt c’est madame qui commande, tantôt c’est monsieur, dans un jeu où la confiance règne. On est dans la rivalité lorsque l’ego l’emporte sur la raison et la dispute sur la discussion. C’est une situation qui se campe dans l’enfance avec des parents qui ne sont pas solidaires dans la manière d’éduquer, l’un disant oui quand l’autre dit non, disqualifiant ainsi l’autre parent . Cela donne un adulte qui veut toujours avoir raison, quitte à léser le partenaire. Exemple : au début de la relation, l’homme et la femme sont d’accord pour mener de front ensemble vie professionnelle et familiale. C’est souvent la femme qui revoit ses ambitions à la baisse. Normalement, son compagnon va chercher avec elle une solution pour rétablir l’équilibre. Celui qui est dans une rivalité va tenter de minimiser le problème, de rejeter la faute sur sa moitié : elle est moins performante au boulot ? À elle de mieux s’organiser. Il ne prend pas en considération ses arguments concrets (trop de responsabilités familiales, domestiques, trop de fatigue). Une manière d’agir à la fois égoïste et manipulatrice.

Outil n°3 Évaluez ce que vous ressentez lorsque l’autre veut avoir raison, sur une échelle allant de 0 (affreux) à 10 (super). Rien de tel qu’un chiffre pour mieux cerner ses frustrations. Réfléchissez à la manière de gagner des points. Dites à l’autre : « Sur une échelle de 0 à 10, professionnellement, je me sens à 2, c’est grave. » Il a des arguments pour tout ? Que peut-il opposer à un chiffre ?

 

COMMENT CHALLENGER L’AUTRE SANS LE MANIPULER ?

Vive la compétition qui nous stimule. Le bon partenaire nous souffle une idée : « Lance une campagne de recrutement pour booster ton site », voire nous met le pied à l’étrier : « On va la monter ensemble. » Cet homme-là nous veut du bien. Mais attention à celui qui a des ambitions à notre place. On peut être flattée, mais gare à la chute. Selon nous « quand le soutien s’assortit d’exigences, de pressions, on peut soupçonner un désir de dominer. On risque de mettre l’autre en difficulté et de l’humilier ». Challenger, c’est accompagner sans faire les choses à la place de l’autre, ni créer un sentiment de dette (le fameux « après tout ce que j’ai fait pour toi »). Car la complémentarité ne signifie pas que l’un a toutes les capacités et l’autre aucune, mais que chacun a des qualités à mettre dans le pot commun.

Outil n°4 Les lettres sont des repères. Dans une situation où l’un domine et l’autre subit, on peut trouver des signaux d’alarme qui définissent la situation : la lettre E comme « Étouffant » ou J comme « Je ne t’ai rien demandé ». Répétez-le en boucle pour, primo, vous en convaincre, segundo, sortir de l’emprise. Pouvoir résumer en un mot, en une lettre, un défaut, une personnalité, permet de comprendre ce qui se joue, ce qui nous fait du mal, et de prendre du recul.

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