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Il n’y a pas de sots métiers

Chic ! On n’a eu le baccalauréat ! Moins de contraintes et de restrictions. On a passé des vacances de folie ! On a eu toutes les permissions qu’on voulait pour les booms, les soirées, les sorties. Plus « Junior tu es où ?! » « Marina, tu ne sortiras pas aujourd’hui ! » Ehhh bac est doux dêh !

Mais une fois la fête finie, la rigoureuse question du choix de carrière devient un problème. Certains ne savent déjà pas au préalable ce qu’ils souhaiteraient faire plutard. D’autres ont plutôt une idée toute tracée de ce qu’il souhaiterait faire. Le hic, c’est que beaucoup de parents au lieu de conseiller le ou la futur(e) étudiant(e), veulent décider à leur place.

Encore aujourd’hui il y a des parents qui s’attribuent le droit de choisir la filière que leurs enfants devraient faire. Parce que Monsieur a toujours voulu faire médecine ou est médecin, donc son fils Junior doit absolument faire cette filière. S’il décide de faire autre chose comme de la mécanique c’est qu’il est indigne ou n’a pas d’ambitions. Je dis oh : Vous croyez vous en 1892 ?!

Les réalités sont à présent différentes. Les générations précédentes ont bien trop souvent fait le « culte du toubib ». Il fallait que les enfants soient nécessairement fonctionnaires ou choisissent des métiers qui les amèneront dans un « bureau ».  L’heure n’est plus à ce genre de considérations. Notre jeunesse a le droit de trouver sa propre voie et d’exercer dans le domaine dans lequel elle sent qu’elle saura exceller.

Imaginez si Didier Drogba avait été forcé à faire de la comptabilité, si on avait demandé à Manu Dibango de devenir à tout prix enseignant, si on avait dit à Marie Josée Ta Lou d’être secrétaire de direction, et qu’on avait obligé Tidjane Thiam à faire une autre filière que l’économie… Tchii ! Je n’ose même pas imaginé ! Le pire : le football ivoirien sans notre « Dahi Zôkô Inter » ! Wobrouuu !

Chaque enfant a un talent et il faut le laisser s’exprimer tout en l’aidant à le faire grandir.

Tous les domaines d’activités rapportent et nourrissent leurs hommes. Il suffit de travailler véritablement, de favoriser le bon créneau et prendre en main sa carrière et ce de façon sérieuse. Le sport, l’art et la musique ne sont pas des domaines à refouler. Bien au contraire ! En 2014, une collection d’art africain antique a été vendue 41 millions de dollars ! En écrivant ça mon âme a crié « Jackpot ! » Dommage que je ne sois douée qu’avec de la pâte à modeler ! Rires ! D’ailleurs vous n’êtes plus à informer sur les sommes mirobolantes que peuvent gagner les footballers et les grands artistes musiciens qui ont une carrière internationale. C’est dire qu’on peut vivre de sa passion.

Aussi, il y a des domaines insoupçonnables qui seront des secteurs d’avenir plus particulièrement en Afrique que nous pouvons d’ailleurs conseiller aux nouveaux bacheliers.

L’agro-alimentaire. Selon un rapport de la banque mondiale, l’industrie agro-alimentaire en Afrique aura une valeur d’un milliards de dollars en 2030 ! WOUHHH ! Je n’oserai convertir en francs CFA. Les zéros défilent dans ma tête comme ça !! Le secteur est si prometteur, que plein de structures et d’industrie dans ce domaine seront créées, donc création d’emploi et recherche de profils nouveaux capables d’élever le domaine à la dimension de production occidentale. Si votre enfant a un intérêt pour tout ce qui a trait à ce domaine, pourquoi ne pas l’encourager à apprendre et même y entreprendre ?

Une autre aubaine : le business du vert ! Entendons par là le recyclage, les énergies solaires et énergies renouvelables. Un continent où il fait beau pratiquement toute l’année. N’est-elle pas belle notre Afrique ? Or, plus de 600 millions de personnes sur notre continent n’ont pas accès à l’électricité fiable alors que nous disposons d’une énergie solaire en énorme quantité  et d’une qualité extraordinaire. Imaginez ce que deviendra dans quelques années le business de l’énergie solaire. Déjà plus de 40 millions de dollars ont été investis avec succès chez nos cousins rwandais et kenyans. Surement êtes-vous entrain de marmonner « Ah ! Donc à quand un business du vert en Côte d’Ivoire » ?  Une start-up du nom de « Coliba » a déjà été créée pour le recyclage des déchets et estime ce secteur à plus de 20 milliards de FCFA et pourvoyeurs de plus de 10.000 emplois.

Si Seydou ou Fatoumata est un petit génie fana d’électro-physique etc ou pro-écolo, pourquoi ne pas lui proposer cette voie ? (Je ne saurais vous dire comment je choisis les noms de vos pseudo-enfants, trop d’inspiration ! Rires)

Il y a aussi l’informatique et le digital. L’ascension du numérique a favorisé un impact sur les habitudes et les modes de vie. Depuis, des besoins nouveaux se sont fait sentir (solution de paiement, application et service en ligne, etc.) créant ainsi de nouveaux débouchés ; les métiers qui ne paraissaient pas vraiment indispensables sont devenus presqu’incontournables à savoir les community manager, les développeurs logiciels et web, et autres métiers en rapport avec les TIC. Souffrez que je me lasse de vous communiquer le chiffre exact de millions de dollars qui représente ce que le digital et les e-transactions rapportent par an et ça seulement en Afrique. (Plus de 100 milliards baby !! Rires !)

Un autre domaine qui n’est pas apprécié objectivement et à sa juste valeur : Le droit. Ça peut paraître bizarre, ennuyeux ou carrément irrationnel mais c’est vrai. C’est un métier qui a de l’avenir. On fonctionne dans un monde qui est en perpétuel évolution. Et qui parle d’évolution ne néglige pas les problèmes qu’elle pourrait engendrer quelques soit le domaine. Cependant, tout acte, tout fait a une nature, une conséquence ou un lien juridique. On aura donc forcément besoin d’hommes de droit pour donner un contexte juridique à chaque découverte, chaque élément d’évolution, réglementer son usage et l’impact qu’elle aura sur la société. Et pour être une juriste en puissance, je puis vous assurer que la plupart de mes devanciers spécialistes dans leur domaine juridique de prédilection réussisent bien leur vie et voyagent partout dans le monde – droit corporatif, propriété intellectuelle, communication et technologie, et même droit du sport ; et bah oui ! On est comme le fameux cube : Dans toutes les sauces ! Rires.

Vous voyez ? Votre notion de l’avenir ne doit pas être si entachée par des projets à court terme que vous avez pour vos enfants. Aussi, l’obtention de leur premier véritable diplôme doit être un moyen pour eux de prendre conscience qu’ils ont certaines responsabilités et aussi que leurs choix déterminent ce qu’ils deviendront. Ne les forcez pas. Laissez-les faire les choix qui sont connexes à leurs passions tout en les guidant vers le raisonnable. Ne choisissez pas les métiers qu’ils feront demain en dépit d’autres parce que ce ne sont pas des métiers « assez sérieux » selon vous. Encouragez-les juste à être les meilleurs dans ce qu’ils font. Car comme l’a si bien dit tonton Le Roux de Lincy que j’appelle affectueusement au quartier « Vieux Père Rougeau » ( Je sais que j’exagère ! Rires ! ) : « Il n’y a pas de sots métiers ».

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